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Vous avez repéré l’arbre ou l’arbuste qui manque à votre jardin ? Ne l’attendez pas jusqu’au printemps : l’automne est, pour la grande majorité des essences, la meilleure période de l’année pour planter. Le sol garde encore la chaleur de l’été, les pluies reviennent, et la plante a tout l’hiver pour installer ses racines avant de devoir affronter son premier été. Voici pourquoi, comment choisir entre racines nues et conteneur, et la technique pour une reprise réussie.
En automne, la partie aérienne d’un arbre ou d’un arbuste caduc entre en repos : les feuilles tombent, la croissance visible s’arrête. Mais sous terre, c’est une autre histoire.
Pendant le repos végétatif, les racines n’ont pas besoin de nourrir immédiatement des feuilles ou des fleurs : elles peuvent consacrer toute leur énergie à s’installer dans le sol, encore chaud grâce à la chaleur accumulée l’été. C’est pour cette raison qu’un arbre planté en automne peut bénéficier de plusieurs mois d’enracinement avant de devoir affronter les besoins en eau et en nutriments d’une nouvelle saison de croissance au printemps — puis son premier été.
Les arbres et arbustes persistants font exception : mieux vaut les planter juste avant que leur végétation ne ralentisse en toute fin d’automne, ou juste avant la reprise du printemps, car ils continuent à vivre (au ralenti) tout l’hiver et supportent moins bien un repos végétatif complet en pleine terre remuée.
Planter en automne, c’est aussi s’épargner une bonne partie du travail d’arrosage.
Les pluies redeviennent plus fréquentes en automne et en hiver, et l’évaporation ralentit avec la baisse des températures : le sol reste humide plus naturellement, sans arrosages répétés. Un arbre planté au printemps, à l’inverse, doit affronter les chaleurs de son premier été avec un système racinaire encore réduit — d’où des arrosages bien plus fréquents et indispensables à sa survie.
Planter sur un sol gelé ou détrempé. Une terre gelée forme des mottes qui n’adhèrent pas aux racines, et un sol détrempé se tasse et prive les racines d’oxygène. Dans les deux cas, attendez une fenêtre de sol simplement humide et ressuyé.
À l’automne, vous avez le choix entre deux types de plants, avec chacun ses avantages.
Les plants à racines nues (sans terre autour des racines) ne sont disponibles que pendant la période de dormance, en général de novembre à mars. Ils coûtent moins cher qu’un plant en conteneur de taille équivalente, et reprennent souvent mieux : leurs racines, habituées à pousser librement en pleine terre en pépinière, se déploient plus naturellement une fois replantées. Leur inconvénient : une fenêtre de plantation plus courte, et des racines à mettre en terre rapidement après achat pour éviter le dessèchement.
Les plants en conteneur, eux, se plantent presque toute l’année, racines et terreau restant en place lors de la transplantation — ce qui limite le stress de la plante. Ils coûtent en général plus cher, et il faut vérifier avant l’achat que les racines n’ont pas commencé à tourner en rond dans le pot.
Si l’essence que vous voulez planter existe en racines nues, privilégiez cette option en automne : c’est souvent le meilleur rapport qualité-prix-reprise. Passé le mois de mars, ou si l’essence n’existe qu’en conteneur, optez pour un plant en conteneur.
Pour un plant à racines nues, faites-le tremper dans un seau d’eau pendant environ 30 minutes avant la plantation pour bien réhydrater les racines. Pour un plant en conteneur, sortez-le du pot et inspectez les racines.
Creusez un trou aussi profond que la motte ou le système racinaire, mais environ trois fois plus large. Ameublissez la terre au fond et sur les parois : un trou aux parois lisses et compactées freine la progression des racines au-delà du trou.
Placez l’arbre de façon à ce que le collet (la jonction entre les racines et le tronc) reste au niveau du sol, ni enterré ni surélevé. Rebouchez petit à petit, en tassant la terre au talon au fur et à mesure pour chasser les poches d’air.
Pour un jeune arbre exposé au vent, enfoncez un tuteur en biais à 45°, à bonne distance du tronc, puis fixez le tronc au tuteur avec un lien souple qui ne blesse pas l’écorce.
Arrosez abondamment pour bien humidifier toute la motte. Étalez ensuite un paillis de 5 à 8 cm d’épaisseur sur le sol, en laissant un espace de 10 cm sans paillis directement autour du tronc pour éviter les maladies liées à l’humidité stagnante contre l’écorce.
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Tailler les branches d’un arbre ou d’un arbuste à racines nues au moment de la plantation, pour « équilibrer » la partie aérienne avec les racines restantes. C’est une idée reçue : les pousses situées à l’extrémité des branches (l’apex) sécrètent une hormone, l’auxine, qui stimule justement le développement des racines. Raccourcir ces branches supprime les apex et ralentit donc la reprise, au lieu de l’accélérer.
Planter un sujet en conteneur sans vérifier ses racines. Si elles tournent en rond au fond du pot (on parle de « chignon »), démêlez-les délicatement ou entaillez légèrement la motte sur 2-3 faces avant plantation : sinon, elles continueront à s’enrouler sur elles-mêmes une fois en terre, au risque d’étrangler l’arbre des années plus tard.
La première année est décisive : c’est le temps que met l’arbre à développer assez de racines pour devenir autonome.
Arrosez régulièrement tout le premier printemps et le premier été, même s’il pleut de temps en temps — un jeune système racinaire, encore peu étendu, ne va pas chercher l’eau très loin. Un arrosage copieux et espacé est plus efficace que de petits arrosages fréquents, qui n’humidifient que la surface.
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